De l'eau à Nandiala :

Vous vous souvenez certainement de notre ami Valentin, le cordonnier. Nous l’avons
rencontré il y a plusieurs années et nous avons eu l’occasion de le soutenir dans son
activité de cordonnerie. (fourniture de matériel, fabrication d’un atelier…)

Depuis deux ans, Valentin espérait nous emmener « au village »  et nous permettre de
rencontrer ses parents, sa famille et ses amis. C’est avec grand plaisir que nous avons
répondu favorablement à son invitation.

Pour se rendre  à Nandiala (+/-   40  kms au nord-est de Koudougou), il n’existe pas de
route goudronnée, il faut emprunter la piste. La voie n’est pas en trop mauvais état et
malgré la poussière, le transport se fait sans encombre. Une fois la pancarte du village
franchie, on pourrait croire que nous sommes arrivés mais pas du tout. Il faut encore
emprunter les petits sentiers pendant une bonne quinzaine de minutes et suivre le guide si l’
on ne veut pas se perdre dans les méandres de la brousse ! (Valentin dispose d’une moto
adaptée aux handicapés moteurs qui a l’avantage de bien s’adapter aux contraintes du
terrain).

Apparaît alors une grande cour traditionnelle dans laquelle vivent les parents de Valentin
ainsi que toute sa famille. Autour, il n’y a rien, juste de la terre agricole sur laquelle le mil a
été cultivé et récemment récolté.  Les infrastructures font défaut, il n’y a ni eau courante,
ni électricité, ni dispensaire et la distance avec le prochain hameau est difficile à évaluer.

Avec cette visite, Valentin souhaite nous sensibiliser au problème de l’eau rencontré par la
population. Ici, il n’y a pas d’eau disponible à proximité. Il faut faire plusieurs kilomètres à
vélo pour accéder au premier forage et la pompe est tellement prise d’assaut qu’il faut
attendre des heures avant de recevoir le précieux liquide. C’est même assez surréaliste,
pour nous « les blancs » de pouvoir imaginer un instant vivre sans l’accès à l’eau, ici, au
milieu de nulle part !


L’eau, à l’origine de toute vie

Essentielle à la consommation quotidienne, l’eau tient également un rôle important dans la
vie de tous les jours. Elle permet aux femmes de cuisiner, de faire les lessives, d’arroser
leur plantations si elles disposent d’une surface maraîchère et d’abreuver les animaux ;
sans oublier son rôle majeur dans la fabrication des briques traditionnelles nécessaires à
toute construction des maisons et autres bâtiments.

En collaboration avec Valentin, A.S.A.E a projeté la réalisation de deux puits traditionnels
(1).
Pour trouver de l’eau, il faut avoir recours à un sourcier, cette personne qui a l’art de
découvrir les nappes d’eau souterraines. Le sourcier exerce son art grâce à une méthode
qui existe depuis la nuit des temps : ‘’la baguette de sourcier’’. Encore très utilisée dans les
campagnes, elle permet  de définir un endroit géographique adéquat pour le creusement d’
un puits.
Un puits est creusé à la main jusqu’à la nappe d’eau. Un homme au fond du trou pioche,
rassemble la terre extraite dans un seau, qui est remonté à la surface. La période entre
décembre et février se présente bien pour ce genre de travail car la saison des pluies est
terminée depuis peu, la terre n’est pas encore trop dure et les réserves en eau sont
accessibles à des profondeurs respectables (+/- 10 mètres).
L’arrivée du premier puits a été accueillie avec bonheur au sein de la population qui s’est
fait une joie de célébrer notre arrivée. Une petite cérémonie a même été organisée en notre
honneur et des danses traditionnelles nous ont permis de vivre cette rencontre dans la
bonne humeur et le partage (12/2014)

Afin d’éviter tout risque d’accident ou pollution extérieure de l’eau, un couvercle de
protection a été réalisé par notre ami soudeur Ousseni.

(1)   Le 1er puits a été inauguré et finalisé lors de notre séjour en décembre 2014 et le
2 ème puits en décembre 2015.
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